L'art roman en Lorraine

Lorraine

La Lorraine n’est pas en reste concernant son patrimoine roman.

L’art roman de la fin du 10e et du début du 11e siècle apparait encore inféodé à celui de l’Empire mais la Lorraine a su faire fructifier son héritage carolingien.
Les trois villes épiscopales jouent un rôle primordial dans la genèse de l’architecture romane de Lorraine.  Verdun avec son double transept, Metz et Toul avec leurs deux tours encadrant le chœur suivaient le modèle de Saint-Maximin de Trèves. Une vingtaine d’édifices plus modestes de cette période sont connus. Ce sont des basiliques plafonnées dont le chevet, le plus souvent semi circulaire est monté sur une crypte. À l’ouest le premier étage une tour sert de tribune ouverte sur la nef. Les chapiteaux sont le plus souvent cubiques sans décor.  
Somme toute la Lorraine fait figure de pays conservateur en matière de progrès technique. La voute par exemple n’était utilisée que pour les annexes (base de tours et cryptes) et la voute d’ogive par exemple ne fut introduite qu’au milieu du 12e siècle et il fallut attendre le siècle suivant, après l’introduction du gothique, pour qu’elle se généralise.

Le groupe du nord (tréviro-messin) avec de grands édifices dont le chœur est entouré de deux tours ne pénètre pas dans la région vosgienne qui se distingue davantage par une recherche ornementale de ses portails. La géographie et la politique imposaient à la région qu’elle soit davantage perméable aux influences issues du Nord ou du sud que de l’est ou de l’ouest. Le sud de la Lorraine regarde vers la Bourgogne. L’expansion cistercienne contribua aussi à des apports venus de l’Ouest.

L’architecture romane lorraine a pris son essor au 12e siècle même si les quatre premières décennies correspondent à un ralentissement de la construction en raison de la querelle des investitures. Le style lorrain s’affermit et se précise grâce à ces apports entre la Haute Marne et les Vosges sans pourtant jamais acquérir un caractère unitaire. Un premier groupe correspond à la région du Nord, c'est-à-dire celle qui gravite autour de Trèves et Metz, c’est là que l’on trouve les chœurs encadrés de deux tours, les chevets à pans coupés renforcés par des lésennes qui devinrent rapidement des arcades murales autour des fenêtres. Vers le sud (Vosges, correspondant au diocèse de Toul) les églises de taille plus modeste sont souvent dépourvues de tour de chœur mais elles développent une richesse ornementale de leurs portails.
Les plus belles façades de Lorraine sont décorées d’arcades ou de niches aveugles : motif antique, emprunté en l’occurrence aux Pays de la Meuse et du Rhin.
C’est par le secteur nord que le gothique devait s’infiltrer en Lorraine vers 1200 grâce à la collégiale de Longuyon et l’église de Gorze. L’invasion du nouveau style devint irrésistible auprès que durant les années 1220 on eut entrepris de renouveler les cathédrales de Toul et Metz.

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